L'assainissement individuel 

L'assainissement individuel appelé aussi assainissement non collectif (ANC) ou assainissement autonome concerne les habitations non raccordées au tout-à-l'égout et pour lesquelles un dispositif d'assainisse­ment autonome doit être obligatoirement mis en place. D'une manière générale, une installation d'assainissement non collectif comprend les postes suivants.

►la collecte des eaux usées (ensem­bles des eaux vannes et des eaux ménagères) ;

►le prétraitement de ces eaux par décan­tation et liquéfaction dans une fosse toute eaux ;

►le traitement par le sol des eaux trai­tées : c'est la phase d'épuration ;

► l'évacuation des eaux traitées par l'in­termédiaire de dispositifs permettant la dispersion dans le sous-sol naturel ou le rejet en surface.

■ Les prescriptions techniques relatives aux installations d'assainissement non collectif sont définies par l'arrêté du 11 juillet 2008 qui ne concerne que les installations rece­vant une charge brute de pollution organi­que inférieure ou égale à 1,2 kg par jour de DBO 5 ». Les prescriptions décrites dans l'arrêté sont des prescriptions minimales. Le cas échéant, elles peuvent être complétées par :

► celles fixées par la commune, au titre de sa compétence en matière d'ANC (Code général des collectivités territoriales) ;

► celles fixées par le préfet.

■ Les caractéristiques techniques et le dimensionnement des installations doivent être adaptés au flux de pollution à traiter, aux caractéristiques de l'habitation à desservir (nombre de pièces principales notamment), aux caractéristiques de la parcelle où les ins­tallations sont implantées (aptitude du sol à l'épandage). Les installations doivent permettre le traite­ment commun de l'ensemble des eaux usées domestiques de l'habitation. Cependant le traitement séparé des eaux vannes et des eaux ménagères peut être conservé, sous certaines conditions, dans le cas de réhabili­tation d'installations existantes. Dans ce cas, le dispositif comprend :

►un prétraitement des eaux vannes dans une fosse septique (4> et un prétraite­ment des eaux ménagères dans un bac à graisse ou une fosse septique ;

► des dispositifs d'épuration conformes à l'arrêté du 11 juillet 2008. La DBO correspond à la quantité d'oxygène consommée par les micro-organismes pour oxyder les natières organiques biodégradables présentes dans l'eau. Le « 5 » correspond à la DBO nécessaire pen­dant une durée de 5 jours. 4) De nombreuses constructions anciennes possèdent une fosse septique qui ne collecte que les eaux cannes. Les eaux ménagères s'écoulent soit directement dans un puits perdu, soit en surface (fossé, cours l'eau...).

■ Un dispositif d'assainissement appelé filière d'assainissement comprend généra­lement les installations suivantes :

►des canalisations ou collecteurs qui recueillent les eaux usées en provenance des appareils sanitaires et des appareils ménagers de l'habitation ;

►une fosse toutes eaux qui assure le prétraitement des effluents ;

►un dispositif de traitement dont le plus courant est l'épandage souterrain qui réalise à la fois l'épuration (par passage dans le sol) et l'évacuation (par disper­sion dans le sol). Si la nature du sol et/ou les caractéristiques du site ne permet­tent pas l'installation d'un épandage, d'autres dispositifs peuvent être mis en œuvre.

■ Le dispositif d'assainissement doit être implanté hors des zones de circulation et de stationnement des véhicules. Le revêtement superficiel doit être perméable à l'air et à l'eau. Ce qui exclut tout revêtement bitumé ou bétonné. L'implantation doit respecter les distances suivantes :

► au moins 5 mètres entre le dispositif de traitement et l'habitation ;

►moins de 10 mètres entre la fosse toutes eaux et l'habitation ;

► au moins 3 mètres entre le dispositif de traitement et une limite de propriété ou un arbre ;

► au moins 35 mètres entre le dispositif de traitement et un puits ou un point de captage d'eau potable. LA FOSSE TOUTES EAUX (FTE)

■ Elle reçoit toutes les eaux usées de l'habi­tation (eaux vannes et eaux ménagères) et assure la liquéfaction partielle des matières contenues dans ces eaux. La FTE peut être en béton ou en plastique (polyester ou polyéthylène renforcé). Elle doit être posée sur un lit de sable de 10 cm d'épaisseur et située à moins de 10 mètres de l'habitation afin de réduire les risques de colmatage de la canalisation.

■ Le prétraitement réalisé par la fosse com­prend deux étapes :

► la rétention des matières solides dont les plus lourdes forment un dépôt appelé lit de boues en fond de fosse et les plus légères (graisses et huiles notamment) constituent une croûte en surface ou chapeau de graisse ;

► la matière organique présente dans les boues et le chapeau de graisses est décomposée par des bactéries anaé- robies qui la transforment en partieen eau et en un mélange gazeux (gaz carbonique, méthane...). L'évacuation des gaz se fait par une canalisa­tion de ventilation se prolongeant au-dessus de la toiture de l'habitation.

■ Les FTE sont pourvues le plus souvent d'un préfiltre ou décolloïdeur intégré qui retient les dernières particules solides encore en suspenson. Le volune minimal de la fosse est de 3 m3 (3000 litres) pour une habitation dont le nombrs de pièces principales est au plus égal à 5. Il faut prévoir 1 m3 par pièce supplé- mentéire. La hauteur d'eau dans la fosse ne doit pas »tre inférieure à 1 mètre. La vidangedoit être effectuée au maximum tous les 4 ans (enlèvement des boues et du chapeau de graisses). La FTE peut être remplacée par un disposi­tif d'épuration biologique dont il existe deux variantes :

►la micro-station à boues activées ;

►la micro-station à cultures fixées. LES BAC À GRAISSES Le bac à graisses ou bac dégraisseur est destiné à retenir les matières grasses issues de la cuisine et du lavage et susceptibles d'obturer les canalisation . Compte tenu des contraintes d'entretien (une vidange par an au minimum), le bac à graisses ne doit être installé que si la FTE est située à plus de 10 mètres de l'habitation ou lorsque les eaux ménagères grasses sont produites en quantité importante. Le bac à graisses doit être situé en amont de la FTE et le plus près possible de la maison. Son volume minimal est de 200 litres s'il ne reçoit que les eaux en provenance de la cui­sine et de 500 litres s'il recueille toutes les eaux ménagères dé l'habitation. Les eaux vannes ne doivent pas traverser le bac à graisses. LA MICRO-STATION À BOUES ACTIVÉES

■ Cuve enterrée généralement en polyéthy- lène dont le fonctionnement s'apparente à celui d'une station d'épuration urbaine. La cuve comprend deux compartiments reliés par un tuyau : reçoit les eaux usées de l'habitation. Les matières et les liquides sont brassés et oxygénés périodiquement au moyen d'une turbine immergée entraînée par un moteur électrique. Ce brassage favo­rise le développement des bactéries aérobies qui accélèrent la dégradation des matières organiques ; - La cellule de clarification ou clarifica- teur où les eaux en provenance de l'ac- tivateur se décantent. C'est la dernière étape de l'épuration. Les matières rési­duelles minérales se regroupent dans la partie supérieure de la cellule en attente de leur enlèvement (une à deux vidan­ges annuelles). L'eau débarrassée des matières en suspension peut être rejetée en surface ou dans un puits d'infiltration. Cependant, certaines réglementations locales peuvent imposer une dispersion dans le sol par épandage.

■ Le volume total d'une micro-station doit être au moins égal à 2 500 litres pour les habitations comprenant jusqu'à six pièces principales. Le traitement aérobie ne néces­site pas la mise en place d'une ventilation secondaire (comme c'est le cas avec la FTE) car il s'effectue sans dégagement gazeux (en fonctionnement normal).